Une histoire douloureuse qui continue à interroger notre conscience collective. Le Village de Bamboula, un événement qui rappelle que même dans les années 90, des êtres humains pouvaient être exposés comme des objets de curiosité.
Loin des expositions coloniales du XIXème siècle, cette histoire se déroule en France. À Port-Saint-Père, près de Nantes, un parc animalier ouvre un espace présenté comme un « village africain ». Derrière le décor construit autour de cases traditionnelles et le discours officiel d’une rencontre culturelle, se cache une réalité beaucoup plus sombre.
Vingt-cinq ressortissants ivoiriens, hommes, femmes et enfants, quittent leur pays avec l’idée de participer à une expérience culturelle. Ils pensent partager leurs traditions et contribuer à faire connaître leur patrimoine.
Le Village de Bamboula apparaît ainsi comme un symbole des rapports de domination et des représentations déshumanisantes qui ont marqué certaines périodes des relations entre l’Afrique et l’Europe.
Se souvenir de cette histoire ne signifie pas cultiver la rancœur, mais comprendre les mécanismes qui ont permis de telles pratiques afin d’éviter leur répétition. Car le Village de Bamboula n’est pas seulement l’histoire d’un parc disparu. Il est le rappel qu’aucune société n’est définitivement protégée contre les atteintes à la dignité humaine.
La mémoire, lorsqu’elle est assumée, devient alors un outil de vigilance : elle permet aux générations présentes et futures de défendre une valeur essentielle, celle du respect de chaque être humain.
