Pourquoi le match France-Espagne est considéré comme “la finale avant l’heure” de cette Coupe du monde 2026

Pourquoi le match France-Espagne est considéré comme “la finale avant l’heure” de cette Coupe du monde 2026

Pour la troisième fois en autant de compétitions différentes sur les trois dernières années, Français et Espagnols se retrouvent en demi-finales, mardi.

Article rédigé par Thierry Tazé-Bernard
France Télévisions – Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5min
A gauche, Kylian Mbappé, à droite, Lamine Yamal, un duel entre la France et l'Espagne, en demi-finales de la Coupe du monde 2026. (MAURO PIMENTEL, THOMAS COEX / AFP)

“Il n’est pas exagéré de qualifier ce match de finale avant l’heure”. Luis de la Fuente, le sélectionneur de l’Espagne, a ainsi qualifié la demi-finale de la Coupe du monde entre son équipe et la France, mardi 14 juillet, à l’issue de la victoire des siens sur la Belgique en quarts de finale. “Le grand favori, c’est l’Espagne, je n’ai aucun doute là-dessus”, avait, de son côté, tranché Didier Deschamps avant le début de la compétition.

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Attendues à ce niveau de compétition, les deux formations sont bien au rendez-vous, avec la ferme intention de s’offrir une nouvelle chance d’accrocher une étoile à leur maillot dimanche, face au vainqueur de l’autre demi-finale entre l’Angleterre et l’Argentine. Après leurs affrontements en demi-finales de l’Euro 2024 et de la Ligue des nations 2025, c’est la Coupe du monde qui doit départager ces deux favoris au même stade de la compétition. Mais pourquoi cette affiche semble encore plus attendue que l’autre demie ? Eléments de réponse.

Parce que les deux équipes sont les plus hermétiques et les plus offensives du Mondial

Avec respectivement deux buts et un but encaissés depuis le début de la compétition, Français et Espagnols sont en tête classement des meilleures défenses (la Colombie n’a encaissé qu’un but mais a été éliminée en 8es de finales). Avec cinq matchs sans prendre le moindre but, l’Espagne est même un peu devant la France (4 matchs). Elles sont toutes deux très loin devant les deux autres membres du dernier carré, puisqu’Argentins et Anglais ont chacun encaissé six buts, et n’ont connu que deux matchs sans aller chercher de ballon dans leurs propres filets. Mais les deux équipes ne se contentent pas de défendre, bien au contraire.

“Il y a de quoi penser que ce sera un match spectaculaire.”

Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus

en conférence de presse

A cela s’ajoute en effet une capacité à créer et à tenter offensivement, qui se retrouver dans une statistique annoncée par la Fifa : 110 tirs tentés. Seule la Belgique a fait mieux (112), et là encore, l’Albiceleste et les Three Lions ne jouent pas dans la même catégorie, avec respectivement 98 et 94 frappes.

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Certes, l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous : la Roja n’a inscrit que 11 buts, soit le total le plus faible des quatre demi-finalistes, tandis que les Bleus en ont marqué 16, soit un de moins que l’Argentine, mais trois de plus que l’Angleterre. Avec d’un côté Lamine Yamal et de l’autre Michael Olise, qui occupe la position de meilleur passeur du Mondial (cinq passes décisives), les deux sélections possèdent deux créateurs hors pair. Et ils ne sont pas seuls à pouvoir créer.

Parce que les deux bancs peuvent faire basculer un match

Mikel Merino est sans nul doute le symbole de cette Espagne insubmersible, malgré les vents et les marées. Entré en cours de match contre le Portugal en huitièmes de finale et contre la Belgique en quarts de finale, le joueur d’Arsenal a délivré les siens en inscrivant le but de la qualification dans le temps additionnel (contre les Portugais), ou à la toute fin du temps réglementaire (88e contre les Belges).

Avec les Merino, Ruiz, Gavi, Baena, Rodri, Zubimendi et Pedri, l’Espagne dispose d’un milieu de terrain extraordinaire, où chacun peut jouer à la place de l’autre sans que le rendement s’en ressente. Pièce maîtresse, le Ballon d’or 2024 Rodri est l’homme par qui tous les ballons passent (629 passes, le plus haut total de cette Coupe du monde). Et même si Lamine Yamal n’a marqué qu’un but, que nombre de ses tentatives de dribbles n’aboutissent pas, il reste un poison qui peut libérer des espaces à ses coéquipiers, notamment les Oyarzabal (4 réalisations), Ferran Torres, Dani Olmo ou Nico Williams, revenu de blessure.

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De son côté, la France a également pu compter sur un banc performant. Entré en jeu contre le Sénégal lors du premier match, Bradley Barcola avait mis deux minutes pour donner l’avantage aux siens et délivrer une équipe crispée, avant de marquer en étant titulaire contre la Suède en 16es de finale.

Avec Désiré Doué, décisif pour obtenir le penalty contre le Paraguay après être entré sur le terrain neuf minutes avant, les joueurs du PSG se sont souvent partagés le couloir gauche, donnant le tournis à leurs défenseurs dans des styles différents. Manu Koné a, lui, montré qu’il était plus qu’un suppléant d’Aurélien Tchouameni en milieu de terrain, tandis que Malo Gusto, Warren Zaïre-Emery ou Rayan Cherki ont, à chaque fois, été à la hauteur.

Parce qu’il y a une rivalité exacerbée ces dernières années

Après avoir connu une petite éclipse après avoir tout gagné (Euro 2008, Mondial 2010, Euro 2012) à la fin de sa génération dorée, incarnée par le duo de milieux de terrain-Xavi-Iniesta, l’Espagne a retrouvé de sa superbe, en décrochant le titre européen en 2024, puis la Ligue des nations en 2025. A chaque fois, la formation de Rodri a fait tomber les Bleus en demi-finales.

Une domination outrageante lors de l’Euro 2024, face à une formation tricolore bien pâle qui n’avait réussi à marquer qu’un but (sur penalty) durant la phase de groupes, avait conduit à une victoire espagnole (2-1). Un an après, une première période catastrophique avait mené la Roja aux portes d’une qualification aisée (elle menait 4-0 à la 55e, et même 5-1 à la 67e minute). Mais un vent de révolte avait soufflé dans le dos tricolore pour finir par buter aux portes de l’égalisation (5-4).

“Nous sommes conscients de leur immense potentiel, mais nous savons aussi que nous sommes la seule équipe à les avoir battus lors de deux demi-finales”, a d’ailleurs fait remarquer Luis de la Fuente. “Si la France doit craindre quelqu’un, c’est nous. C’est nous qui les avons éliminés la dernière fois. On verra bien ce qui se passera, mais on n’a pas peur”, a pour sa part, lancé Lamine Yamal, avec confiance et une once de provocation.

“Il dit bien ce qu’il veut, lui a répondu Ibrahima Konaté, le défenseur de l’équipe de France. Il ne faut avoir peur de personne, rester dans cette humilité et ne pas tomber dans ce piège, surtout à ce moment de la compétition.” La dernière fois que l’Espagne s’était présentée face à la France avec autant de confiance, en annonçant même vouloir pousser un Français du Real Madrid à la retraite, les Bleus de Zinédine Zidane s’étaient imposés (3-1) en huitièmes de finale du Mondial. Sans le moindre joueur du Real, mais avec huit du Barça dans son groupe de 26, l’Espagne aura un œil sur les Madrilènes Kylian Mbappé et Aurélien Tchouaméni, peut-être dotés d’un soupçon de motivation en plus pour ce match aux airs de finale.

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